Conseils, directions et organisations
Quatre TPE-PME sur dix utilisent l'IA. L'usage précède la décision.
Christophe Picou, fondateur de VEIA.AI · Publié le 5 octobre 2026 · Mis à jour le 5 octobre 2026 · Sources primaires
Le fait
Le 28 septembre 2026, la Direction générale des entreprises publie le baromètre France Num 2026, établi à partir d'une enquête auprès de plus de 9 000 entreprises. Le communiqué s'intitule « Baromètre France Num 2026 : quatre TPE-PME sur dix utilisent désormais l'intelligence artificielle ».
Ce qui est établi
Selon le baromètre, 40 % des TPE et PME utilisent une solution d'intelligence artificielle, soit quatorze points de plus qu'un an plus tôt. La part atteint 53 % parmi les entreprises de dix à 249 salariés, en hausse de dix-neuf points. [Donnée d'enquête]
- Génération de texte, de voix ou d'images : 34 %, plus douze points
- Agents conversationnels et outils de recherche : 24 %, plus dix points
- Analyse de documents : 13 %, plus sept points
- Automatisation de tâches : 11 %, plus six points
Le même baromètre établit que 19 % des entreprises recourent à une solution d'IA payante, 32 % parmi les PME. Parmi les utilisatrices, 68 % jugent l'effet positif sur leur activité, 85 % parmi celles qui paient leur solution. Le baromètre mesure pour la première fois les incidents de cybersécurité : 39 % des entreprises en déclarent au moins un sur les douze derniers mois, et 53 % des dirigeants craignent la perte ou le vol de données. [Donnée d'enquête]
Ces chiffres se distinguent de ceux de l'Insee, qui mesure à 18 % la part des entreprises de dix personnes ou plus utilisant au moins une technologie d'IA en 2025. Champ, définition et période diffèrent : les deux séries se lisent côte à côte et se comparent avec prudence. [Fait documenté]
Ce que cela change
L'écart entre usage et solution payante dessine la situation la plus fréquente. Si les deux taux portent sur la même population, environ la moitié des entreprises utilisatrices recourent à des outils gratuits ou grand public. Dans ce cas, l'organisation ignore souvent ce que deviennent les données saisies, et l'usage se forme au poste de travail, avant toute décision de la direction. [Inférence]
Le baromètre associe deux mouvements dans la même année : l'adoption de l'IA progresse vite, et l'exposition aux incidents de sécurité devient mesurable. Pour une PME, la question de gouvernance prend une forme concrète. Elle se ramène à trois choix : quels outils sont autorisés, pour quelles données, et sous quelle responsabilité. [Inférence]
Pour les entreprises de cinquante salariés et plus, un usage qui modifie le travail entre en outre dans le champ de la consultation du CSE. Les juges des référés ont déjà suspendu des outils introduits sans elle. [Fait documenté]
La question à instruire
Votre direction sait-elle quels outils d'IA ses équipes utilisent aujourd'hui, avec quelles données, et lesquels elle a expressément autorisés ? La réponse se donne par une liste datée, outil par outil, avec pour chacun la personne qui en a pris la décision.
Sources primaires
- Direction générale des entreprises, communiqué du 28 septembre 2026, « Baromètre France Num 2026 : quatre TPE-PME sur dix utilisent désormais l'intelligence artificielle ». entreprises.gouv.fr (consulté le 5 octobre 2026)
- Insee, Insee Première n° 2120, « Les technologies de l'information et de la communication dans les entreprises en 2025 », 21 juillet 2026. insee.fr (consulté le 5 octobre 2026)
- Code du travail, article L. 2312-8. code.travail.gouv.fr (consulté le 5 octobre 2026)
Lecture VEIA
La diffusion de l'IA dans les TPE et PME confirme une réalité que les grandes organisations connaissent aussi : l'usage précède la décision. Le baromètre appelle une décision simple, prise par le dirigeant lui-même, sur les outils autorisés et les données qui peuvent y entrer.
Cette décision a un avantage dans une petite structure : elle se prend vite et se révise facilement. Une liste d'outils autorisés, une règle sur les données sensibles et une offre de remplacement pour les usages utiles suffisent à transformer un usage spontané en usage gouverné. La décision a posteriori fait partie de la doctrine : régulariser, remplacer ou interdire, en connaissance de cause.
Cette lecture engage son auteur. Elle se distingue des faits établis plus haut, qui reposent sur les sources primaires citées.
Pour approfondir
La page Décider avant d'intégrer traite de la décision a posteriori pour les usages déjà présents. La page IA et dialogue social détaille la consultation du CSE. Retour aux actualités.